De l’artisanal au numérique. Part.1 La retouche artisanale

La restauration de photos  est une pratique datant du du 19 ème siècle.
Tout au long du 20em siecle, le matériel utilisé est très varié et peut comporter plus d’une centaine d’accessoires et d’outils. Des crayons graphites (du 6B au 4H), du pastel sec, quelques grattoirs affûtés à la main, différentes tailles d’estompes, une gomme taillée au couteau, une pierre à affûter, du dissolvant et des cotons-tiges sont des objets couramment utilisés pour récupérer les dégâts qu’une photo à pu subir avec le temps. 

En plus de savoir reproduire une photo noir et blanc avec un agrandisseur et des bains chimiques, il faut savoir dessiner, esquisser, coloriser. Cela demande plusieurs années de pratique pour un résultat esthétiquement et techniquement correct.

René et Viviane son épouse, tout deux photographes portraitistes.

Ce fut le cas d’un des pionniers de la retouche traditionnelle en France : René Pourchier, né en 1928 à Pertuis, qui s’installa rapidement dans le centre ville de Marseille et ne quitta plus la cité phocéenne à quelques exceptions près.
Après avoir exercé le métier de dessinateur d’architecture, il se passionna pour la photo de portrait et plus tard pour la restauration de photos anciennes. Il exerça la retouche pendant près de 60 ans et travaillait pour plus de 300 photographes dans toute la France avant de nous quitter en 2009.

Expliquer dans les détails les étapes de la retouche artisanales sur papier photographique serait un peu long, néanmoins, je vais tacher de les résumer très brièvement.

Dans un premier temps, les traces de cassures, rayures, déchirures sont effacées en reconstituant l’image manquante avec des crayons de toutes sortes, de la peinture et un pinceau très fin. Ensuite le grain de la photo est adouci à l’aide de crayons finement taillés et d’un grattoir.
Les contours et les traits importants du visage ainsi que des vêtements sont accentués avec des crayons épais puis atténués à l’aide d’estompes. Parfois le crayon blanc permet de détacher légèrement le col d’une chemise ou des vêtements qui se superposent.

Un pochoir est fabriqué sur mesure pour protéger les personnages de l’encre projetée par l’aérographe. Celle-ci est utilisée pour constituer un arrière-plan artistique sous forme de nuages et de dégradés. 

Enfin, pour finir, un agent mat et un revêtement protecteur sont appliqués sous forme d’atomiseur et la reproduction est prête à être expédiée à son destinataire accompagnée de la photo originale.

Portrait d’Emilie Denouald, la mère de René Pourchier, retouché par son fils après sa disparition en 1979

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